04 juillet 2008

Appel à Manif - Pour une Mediterranee des luttes -

''pour la paix, la justice sociale, le droit des peuples et les libertés !
contre le colonialisme et l'impérialisme''

Loin d'être novatrice, l'Union pour la Méditerranée se place en réalité dans la
droite ligne du processus de Barcelone lancé en novembre 1995 par l'Union
européenne (UE), et est présentée par Bernard Kouchner, ministre français des
Affaires étrangères, comme « un coup de jeune du Processus de Barcelone ». Tous les
pays de l'UE y sont invités ainsi que 11 États du Sud et de l'Est de la
Méditerranée (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Syrie,
Turquie, Albanie et Mauritanie) et l'Autorité palestinienne, qui n'a pas de
souveraineté.

Inquiétant lorsque l'on connaît le contenu de ce processus et ses conséquences. Car
si la « coopération » euro méditerranéenne a bien des finalités, elles sont d'une
banalité peu surprenante.

Économiques tout d'abord, avec la construction d'un espace de libre-échange et de
libéralisation du marché d'ici 2010. Celle-ci se concrétise par des privatisations
et dans la suite logique par la prise en main des entreprises par des groupes
capitalistes du Nord. Une politique qui a bien entendu des conséquences sociales
dramatiques : licenciements, augmentation des inégalités avec le développement de
bourgeoisies locales quand les peuples restent dans la misère (difficultés d'accès
aux droits fondamentaux ? soins, alimentation, travail, logement, éducation, etc.
?, hausse des prix, etc.). Le ministère français des affaires étrangères le dit
très clairement sur son site Internet, au sujet des relations entre la France et le
Maghreb : « Les pays du Maghreb (Libye, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie)
[constituent] un marché et un partenaire économique : nous sommes le premier
fournisseur de la Tunisie, de l'Algérie et du Maroc. L'ensemble du Maghreb ouvre de
bonnes perspectives d'avenir : réformes, privatisations, grands chantiers et
nouveaux marchés lié à la modernisation ».

Les enjeux sont aussi « sécuritaires », à travers notamment les prétendues luttes
contre le terrorisme et la corruption. Inefficiente pour la seconde, car trop
d'intérêts sont en jeu et que la corruption est érigée en véritable mode de
gouvernance, elles sont utilisées comme argument pour jeter des militants,
notamment des jeunes, en prison. En effet, les atteintes aux droits humains, la
torture, la répression des opposants, le musellement des libertés d'association et
de presse, la mise en place de législations liberticides d'exception sont le lot
quotidien des populations du sud de la Méditerranée. Et bien sûr, derrière le mot
sécuritaire se profile le sujet de l'immigration. Parce que cet espace
méditerranéen est aussi celui d'une maîtrise accrue, violente et meurtrière des
migrations : moyens de contrôle et répression (notamment maritimes) renforcés,
sous-traitance de la gestion des flux migratoires aux pays de premières frontières
extérieures (Maroc, Algérie, Libye et Mauritanie notamment) pour empêcher l'arrivée
sur le territoire européen des populations africaines. La libre circulation, c'est
bon pour les capitaux et les patrons, pas pour les êtres humains, notamment les
plus pauvres? Citons encore une fois le ministère français des Affaires étrangères
: « Nous partageons avec ces pays une proximité culturelle et des enjeux communs :
liens avec la France et avec l'UE, défi de la mondialisation, pression islamiste,
pression migratoire (comme pays d'émigration et, de plus en plus, comme pays de
transit), terrorisme (notamment comme cibles). »

Et toutes ces formes de répression sont également utilisées contre les mouvements
sociaux : droit syndical bafoué, licenciement et même arrestation des militants
(détenus du 1er Mai au Maroc, par exemple), bien loin du prétendu respect et
renforcement des droits de l'homme que l'espace euroméditerranéen est censé
développer et que le processus de Barcelone estime mettre en avant.

Enfin, cette nouvelle Union serait censée développer la paix? Mais sur quels
fondements ? Sur celui du statu quo, comme cela semble être le cas jusqu'à présent,
ou sur celui de la fin des colonialismes et des dominations de type impérialiste du
Nord sur le Sud, d'Israël sur la Palestine, la Syrie et le Liban ; mais aussi entre
pays du Sud ou du Nord, bref sur le respect des droits des peuples à disposer
d'eux-mêmes ? D'autant plus que cette Union pour la Méditerranée vise aussi à
avaliser le fait colonial israélien et à fermer la porte de l'Union européenne à la
Turquie.

Parce que cette « nouvelle union » est un outil au service des puissants et de
leurs intérêts nous appelons à la construction d'une union méditerranéenne des
peuples et des luttes pour :

? le respect des droits humains et le développement des libertés fondamentales,
notamment en terme de droit syndical et de libertés de presse, d'expression et
d'organisation ;
? la libération de tous les détenus d'opinion, l'arrêt de la torture, la fin des
régimes d'exception et de terreur et le droit de tout un chacun de pouvoir se
défendre juridiquement ;
? l'arrêt des politiques économiques de privatisation des services publics et
d'attaque des droits sociaux des travailleurs ;
? la libre circulation des personnes, la fermeture des lieux d'enfermement et
l'annulation de tous les accords de lutte contre les migrations ;
? la décolonisation effective, politique, sociale, culturelle et économique ;
? le droit au retour des réfugiés ;
? le respect de toutes les cultures.


Samedi 5 juillet 2008

Manifestation 14 h 30 à Paris, M° Place de clichy

Concert-meeting (entrée libre)
Avec notamment Mohamed Bahr, Fred Alpi, Pizko MC, Mawal
et des interventions de militants syndicalistes et associatifs tunisiens,
marocains, palestiniens, etc.

18 heures à la CIP-IDF
M° Corentin-Cariou, 14/16 quai de la Charente


À l'appel de :

Association des Marocains en France (AMF), Association des Palestiniens en France
(APF), Association des droits de l'homme au Maroc (ASDHOM), Association des
Tunisiens en France (ATF), Association des travailleurs maghrébins de France
(ATMF), ATTAC, Campagne civile internationale pour la protection du peuple
palestinien (CCIPPP), Cedetim, Confédération nationale du travail (CNT), FACS,
Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Génération
Palestine, Union générale des étudiants palestiniens (GUPS-France), Justice sociale
pour les quartiers !, Migreurop, Mouvement des Indigènes de la République (MIR),
Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP),
Rassemblement des associations citoyennes des originaires de Turquie (RACORT),
Sierra Maestra, Union juive française pour la paix (UJFP), Union des travailleurs
immigrés tunisiens (UTIT), Union syndicale Solidaires, Association Voix
démocratique France, association Baraka, Droits devant !, association Ishtar

Avec le soutien de :

Organisations : Attac Maroc, Syndicat autonome des travailleurs de l'Education et
de la formation, (SATEF) Algérie, La Ligue algérienne des droits de l'homme (LADH),
, Organisation démocratique du travail (ODT) Maroc, Collectif des femmes du
printemps noir de Kabylie, Voix Libre, Workers Initiative (Pologne), ESE (Grèce),
IWW (Royaume-Uni), USI (Italie), ASSI (Espagne), Sisa Scuola (Italie), Groupe
Agages (Cameroun), CAAC-Comores, Agence de promotion des cultures et du voyage,
Association Mémoire de la Méditerranée Oran Algérie,

Partis politiques : Organisation des communistes révolutionnaires (Tunisie), Parti
des Ouvriers Communistes de Tunisie PCOT, Voie démocratique (MAROC), Solidarité
pour une alternative socialiste Maroc, Les Alternatifs, Alternative couleur
citoyenne (A2C Tours), Alternative libertaire, Coordination nationale des
collectifs unitaires, Fédération anarchiste francophone, LCR, PCF , PCOF, Les Verts


[ expediteur/expeditrice - www.luta-social.org ]

Date Fri, 4 Jul 2008 12:34:09 +0200 (CEST)

Source : A-Infos

16 juin 2008

Rachida Dati: Quand une femelle transgresse les règles du pouvoir

16 juin à 10h22 Depuis quelques semaines, on assiste à une campagne en règle, contre la Ministre de la Justice, Rachida Dati. Pourtant au début du règne de Sarkozy, elle était encensée par les médias et par l’opinion et soudain c’est le désamour brutal. Au moyen âge, Rachida aurait été brûlée sur le bûcher de la vindicte populaire, comme une vulgaire sorcière. Si la critique d’un ministre est chose courante, c’est la violence de la critique qui interpelle et qui fait écho aux campagnes de haine contre d’autres femmes de pouvoir, l’ex premier ministre socialiste Edith Cresson ou encore Margareth Thatcher. Ce qui surprend aussi, c’est la nature des critiques qui portent sur la personne plus que sur sa compétence professionnelle. C’est d’ailleurs sur « Ses caprices » que l’Express titre le dossier à charge qu’il lui a consacré la semaine dernière.

Ces manifestations d’hostilité sont révélatrices de la relation des primates humains avec le pouvoir et avec les femmes de pouvoir en particulier.


Elles nous rappellent que l’homme a choisi un modèle d’organisation patriarcal contrairement à nombre de ses cousins singes qui ont préféré confier le pouvoir aux femmes de leur troupe (babouins, patas, bonobos…).

Les femmes au pouvoir se comptent donc encore sur les doigts d’une main.

Si les femelles dominantes sont tolérées, c’est à une condition, elles doivent faire oublier leur sexe. Il leur faut gommer tous les attributs de la séduction. Et là, Rachida Dati commet sa première erreur, puisqu’elle se refuse à « mimer » les mâles. Aux tailleurs pantalons stricts, elle préfère robes, bijoux et talons aiguilles. Et n’hésite pas à poser en star, dans une robe moulante super sexy pour Match. Elle exhibe ses appâts féminins, c’est impardonnable ! La magistrature ne la rate pas « Elle s’est trompée de robe » s’exclame Dominique Barella* tandis qu’un autre magistrat la traite de « Barbie ministre ».

Rachida Dati finit par reconnaître qu’elle a bafoué le sacro-saint principe primate « on ne peut pas être ministre et coquette » déclare t-elle.

Il est vrai que son style « bling bling »et son goût du luxe aggravent quelque peu son cas. Pour une femme, si exercer le pouvoir est déjà une transgression, se comporter en séductrice alourdit son casier et exhiber les signes de distinction sociale passe pour de la provocation.

Dans les sociétés de singe les plus évoluées, on n’affiche pas aussi ostensiblement « sa réussite sociale ».

Ceci étant, ses goûts vestimentaires et son style séducteur n’expliquent pas à eux seuls la disgrâce de la Ministre.
Rachida Dati a commis une autre erreur en bafouant un principe primate clef : dans les sociétés de singes matriarcales, les femmes qui dominent ne se comportent pas comme les mâles au pouvoir. Le style de gouvernement de la femelle diffère de celui du mâle. En particulier, elles ne paradent pas pour affirmer leur pouvoir. Elles ne « crient pas », ne se livrent pas à des démonstration de force ou d’agressivité et préfèrent confier à un mâle (leur second) le soin de protéger la troupe, de sanctionner les rebelles. Si le mâle ne fait pas l’affaire, elles le virent.

Chez les Patas une espèce de singe organisée autour de l’autorité des femelles, le mâle dominant demeure le chien de garde de la troupe raconte Desmond Morris. La femelle dominante délègue les démonstrations d’autorité à ses mâles subordonnés.

En d’autres termes, une femelle au pouvoir ne se comporte pas de manière agressive, brutale ou autoritaire.

Il faut croire que dans notre inconscient collectif cette règle primate est toujours à l’œuvre, si l’on tolère une femelle au pouvoir, on ne supporte pas les chefs autoritaires. La main de fer doit être recouverte d’un épais gant de velours, sinon c’est le rejet assuré par la tribu.

Autrement dit, la femme au pouvoir doit ressembler physiquement à un mâle mais se comporter en femelle.

C’est peut-être ce que Rachida Dati a quelque peu oublié. Quand elle est dans l’adversité, elle a du mal à rester la séductrice qu’elle joue si bien sur les podiums et devant les projecteurs… Elle sort un peu trop vite les crocs. Crises d’autorité face aux subordonnés de son cabinet, accès de colère devant des journalistes ou des députés qui la critiquent… Autant de parades d’autorité qui sont l’apanage des mâles !

Heureusement qu’elle a retenu la leçon de ses cousines singes, elle sait que le vrai pouvoir pour une femelle, est d’être soutenue par le mâle dominant. Tant que Sarko la soutient, elle pourra continuer à transgresser les autres règles primates… mais au prix de sa popularité.

*Ancien président de l’Union Syndical de la magistrature



Source : Bakchich Info
16 Juin 2008